09 diciembre 2005

La laïcité, un pont vers l'avenir de notre civilisation

Alain Pozarnik*
[09 décembre 2005]

L'idéal de la laïcité germe lentement entre le XVIIIe siècle, dit siècle des Lumières, et le 9 décembre 1905, date de la promulgation de la loi de séparation entre l'Eglise et l'Etat français. Deux principes fondamentaux sont énoncés : «La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes...» et «la République ne reconnaît, ni ne subventionne aucun culte...».

Un ordre nouveau se cristallisait alors que le Code civil de 1810 interdisait déjà aux ministres du culte de procéder à des mariages, la loi de 1882 laïcisait l'école publique et celle de 1904 interdisait tout enseignement aux congréganistes. Les religieux et les religieuses choisirent alors entre l'exil et la sécularisation. La République établissait un espace de liberté, il n'y avait plus de religion d'Etat mais un projet éducatif patriote et moral pour tous les enfants et en théorie une égalité de chance pour toutes les communautés, croyants et incroyants et pour toutes les classes sociales. Un tel idéal d'humanisme avait été prôné par les francs-maçons les plus prestigieux comme les plus humbles au sein de toutes les obédiences françaises et en ce qui nous intéresse dans les loges. Il fallait du temps avant que la laïcité ne porte ses fruits et devienne vivante au coeur de notre société.

Sans remettre en cause les mouvements d'émancipation, car il fallait bien qu'ils eurent lieu dans l'histoire, qu'en est-il de notre société cent ans après ?
Nous savons tous que notre civilisation vit un drame. Partout, au coeur de la France – l'enseignement aurait-il manqué à ses devoirs ou tout au moins ses cibles ? –, nous assistons à des violences, des injustices ou des terrorismes. Ces déchaînements allument des guerres culturelles, des barbaries civiles que nous croyions appartenir à des temps révolus. Nous craignons pour l'avenir des troubles graves, voire une révolution, nous imaginons la perte de notre travail et de nos biens, nous sommes inquiets pour nos enfants et parfois écoeurés devant la misère de certains de nos concitoyens. Nous avons l'impression que notre civilisation est en danger, qu'elle va vers sa fin inexorable.


Les luttes politiques, les crises économiques, le malaise social... c'est le monde entier qui vacille. Les initiés ne peuvent pas rester des spectateurs silencieux et passifs face à l'engrenage de la désorganisation, de la haine et de la violence. Nous, francs-maçons, ne vivons pas en marge du chaos, retirés dans une sagesse de bon aloi. Nous faisons partie intégrante de la société qui produit le chaos. Si nous ne participons pas activement au bien-être moral, spirituel et matériel de l'humanité, nous deviendrions responsables du chaos. Nous, francs-maçons, ne sommes pas seulement dans une spiritualité éthérée et ne pouvons demeurer les bras croisés, nous contentant, par manque d'idées, d'efforts et de réflexions, de célébrer le 275e anniversaire de la maçonnerie française, le 250e anniversaire de la naissance de Mozart ou le 100e anniversaire de la loi promulguant la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Nous ne devons pas vivre en célébrant seulement le passé, fût-il glorieux, mais vivre dans le présent.

Il y a, d'une part, la Tradition, méthode de développement de l'Homme par l'étude de la profondeur humaine et d'autre part l'évolution de notre civilisation empêtrée dans un matérialisme, dont l'homme est absent, qui crée une solitude le conduisant à des communautarismes conflictuels. La maçonnerie ne se résigne pas à cet impossible «grand écart».

L'actuelle crise n'est ni une crise de formes ni une crise d'idées mais une crise du sens. L'homme n'a plus de place, l'individu n'a plus de valeur, seul le profit compte et chacun s'enferme derrière des murs qui l'isolent davantage.

Au Moyen Age, l'homme cherchait son bonheur uniquement en Dieu, du XVIIIe au XXe siècle l'homme a cru que les technosciences apporteraient un bonheur universel, en vain, la prochaine étape en ce siècle devra être de mettre l'Homme au centre des décisions politiques, économiques, sociales. Or s'il y a un endroit où les vertus sont encore des valeurs humaines, c'est bien en franc-maçonnerie. S'il y a un endroit où l'on sait comment transmettre le sens de ces valeurs, c'est bien en franc-maçonnerie.

S'il y a un endroit où l'homme est au centre des réflexions, c'est bien en franc-maçonnerie. A un certain niveau de conscience initiatique, nous devenons des hommes nouveaux, des hommes neufs avec un regard nouveau sur l'agitation du monde et des solutions nouvelles accompagnent ce regard. Nous ne pouvons pas être dans l'hier, nous ne pouvons pas être dans le demain, nous ne pouvons être que dans le présent qui se souvient d'hier et construit demain. L'initiation est une méthode rationnelle et précise qui conduit à une conscience plus large, plus responsable, plus juste et plus objective à partir de la conscience de ce que nous sommes de plus concret, de plus réel jusqu'à atteindre une conscience du monde dans sa globalité universelle en passant par la conscience des autres et de leur place dans la société. Cette méthode de perfectionnement, d'achèvement de l'homme, peut être appliquée dans l'éducation des jeunes enfants dès la 6e et poursuivie jusqu'en terminale. Elle répondrait à la crise du sens.


L'homme d'aujourd'hui, comme celui de toujours, a cette ambivalence d'aspirer à vivre dans la paix et l'amour pour répondre à l'appel de son humanitude profonde et en même temps de chercher à s'affirmer par la violence dominatrice en répondant aux pulsions de son animalité. Animalité et humanité sont les deux sources de vie qui alimentent, déchirent et construisent notre civilisation. Une société est d'autant plus civilisée que l'humanitude domine l'animalité, mais les deux se côtoient toujours. L'amour chrétien a engendré le massacre de milliers de païens et d'hérétiques, la Révolution a créé les droits de l'homme, en même temps que la Terreur. Le «barbarisme» - la propension à la barbarie - fait partie de l'animalité de l'homme, il est une menace permanente. Nous avons besoin, non pas d'idéaux mais d'hommes vigilants pour que le barbarisme n'envahisse pas nos institutions et nos modes de vie.

La science traditionnelle du développement de la conscience de l'humaine nature, rigoureusement méthodique, objective et laïque, incarne sans équivoque, à nos yeux, l'espérance des hommes et du monde. Cette méthode d'éveil des consciences peut être transposée dans le monde civil pour répondre à l'éthique politique et économique, à l'évolution de notre société, à la mondialisation. Il faut inventer un nouvel humanisme plus essentiellement humain, réinventer l'orientation de nos manières de penser les buts de la vie, d'agir au quotidien et la façon d'être avec autrui. Donner du sens à la vie, c'est bien ce qui manque aujourd'hui, c'est bien ce que les sages de la GLDF savent faire, c'est aussi ce qu'ils doivent faire en dehors de tout prosélytisme maçonnique ou initiatique pour servir la prochaine génération et pour qu'existe un monde dans lequel l'homme libre soit enfin au centre de toutes les décisions économiques, politiques, sociales et familiales.

La Connaissance maçonnique, transmise laïquement, est l'autre voie d'espérance pour l'homme et pour notre civilisation.

*Grand Maître de la Grande Loge de France. Dernier ouvrage paru : L'Agir et l'Etre initiatiques (Dervy).

06 diciembre 2005

la enseñanza y la derecha

La enseñanza y las movilizaciones de la derechaLa derecha ha tomado la calle. La estrategia de acoso y derribo emprendida por el Partido Popular no se detiene en nada. Y consigue movilizar a miles de personas, mostrando su capacidad de medios y organización. Ahora es el tema de la enseñanza, una cuestión vital para uno de los pilares sobre los que se asienta su hegemonía social: la Iglesia Católica y sus centros educativos.No vale la pena perder mucho tiempo en entender sus reivindicaciones pues son de una claridad meridiana: mantener los mecanismos que les permiten seleccionar a su alumnado, mantener o mejorar los recursos financieros provenientes del sector público y garantizar la presencia del adoctrinamiento católico en el conjunto del sistema escolar. Lo demás es puro ornamento.

Que las derechas se movilicen para garantizar sus privilegios y para imponer a los demás sus formas de pensar es algo que no debería extrañarnos. Especialmente si estamos en el único país que liquidó una dictadura sin efectuar ni un mínimo proceso de crítica y revisión. Ni hubo depuraciones, ni juicios, ni críticas morales. Para un sector de las clases dominantes la transición fue simplemente un período de adaptación al ejercicio del poder bajo otras formas.

Y ahora que intuyen que a lo mejor se pueden acabar imponiendo algunos cambios más sustanciales, especialmente en lo que afecta al poder cultural y social de la Iglesia Católica, responden con acritud.La pregunta importante a mi modo de ver es por qué no se produce una respuesta en el otro lado. Por qué la izquierda no moviliza a sus gentes, o no surgen respuestas fuertes de la propia sociedad civil. Unas respuesta fácil es la de relacionar la falta de movilizaciones con la presencia de la izquierda en el Gobierno.

Puede que tenga algo de razón (el PSOE y sus aliados prefieren presentarse como gente respetable), pero resulta demasiado reconfortante porque deja en las manos exclusivas del Gobierno toda la responsabilidad de la parálisis social. Y es una explicación no avalada por el pasado: contra el PSOE llevamos a cabo importantes movilizaciones por causas diversas —la OTAN, las pensiones, las reformas laborales, la guerra del Golfo....La ausencia de movilización en defensa de la escuela pública laica tiene razones más profundas que resultan desmoralizantes desde una perspectiva igualitaria.

Para la mayoría de la población la educación es más una vía de promoción social (o cuando menos de abertura de posibilidades en el mercado laboral) que un medio para el desarrollo intelectual y social. Ni existe una demanda fuerte de educación cultural ni una voluntad clara de cohesión social. Para la mayoría de padres y madres el único baremo de evaluación son las notas que indican las posibilidades que tienen sus hijos o hijas de construirse un currículo educativo con el que entrar a competir en el sistema social. Y les preocupa la presencia de circunstancias que puedan perturbar este proceso curricular.

Para muchas personas, una escuela igualitaria resulta una propuesta inquietante, porque se asocia automáticamente a caída del nivel escolar, a descontrol y a eso tan tradicional de “las malas compañías”. La llegada de niños y niñas provenientes de mil y un lugar no ha hecho sino acrecentar estos demonios y ha reforzado en determinadas zonas la deserción de la escuela pública por parte de importantes sectores sociales. La existencia de un modelo dual de escuela, que permite acceder a una privada que selecciona su alumnado y que, al mismo tiempo, resulta relativamente barata debido a la elevada subvención pública, ha favorecido la extensión del proceso. Sólo hace falta averiguar a qué escuelas llevan sus hijos la mayoría del profesorado de las Universidades e Institutos públicos.

Y recoger la variada muestra de razones que aducen estas personas para justificar su elección y camuflar el elitismo o el clasismo que realmente la sustenta.Tampoco el sistema escolar ha ayudado a cambiar esta percepción. Las diversas reformas o han estado mal planteadas o han carecido de medios. El profesorado se ha visto a menudo desbordado por los cambios y por su incapacidad para actuar en un marco social trastocado. Y el proceso de aprendizaje ha estado condicionado por la presencia de referentes culturales alternativos a la escuela (los medios de comunicación, verdaderos creadores de pulsiones consumistas e irresponsables) y por un contexto social y familiar que concede poco valor al conocimiento y el debate razonado. Resulta normal que el fracaso sea mayor allí donde escasean los recursos de todo tipo y las perspectivas de progreso en la escala social son menores.

Los mismos valores de clase media de buena parte del personal docente son otra parte del problema. Tampoco este sector tiene una visión general capaz de promover ideas claras sobre qué reformas son necesarias.De un contexto como el comentado difícilmente va a salir un movimiento fuerte en defensa de la escuela pública y de respuesta frente a quienes simplemente quieren reforzar los privilegios de siempre con dinero público. Y tampoco el Gobierno tiene una actitud firme que transmitir a la ciudadanía.

Por esto no parece descabellado esperar que al final pacte mantener gran parte de los privilegios de la privada (especialmente en materia de matriculación) con el objetivo táctico de fragmentar los apoyos del PP. Y con ello se preserve el doble circuito escolar que refuerza una visión de la escuela pública de “servicios mínimos”, de depósito de aspirantes al fracaso escolar.La defensa de la escuela pública laica sólo puede hacerse desde bases sólidas. Sobre todo, sobre el modelo social y el papel de la cultura.

Sobre la voluntad de construir una sociedad básicamente igualitaria y con una ciudadanía informada y razonadora. Hoy estamos muy lejos de esta situación. La escuela se sigue percibiendo como el primer peldaño de una competición sin fin, y en la que conviene que desde el principio se elimine gente. Por esto somos incapaces de movilizar frente a la derecha y de tener ideas claras sobre qué reformas deberían aplicarse.