07 febrero 2006

Iconoclastes sur caricature

Des caricatures publiées discrètement au Danemark le 30 septembre 2005 font l’objet en février 2006 d’un déferlement médiatique accompagnant des manifestations fanatiques dans les pays musulmans. Notre première réflexion est la disproportion entre ces deux évènements.
La deuxième est de nous demander qui a eu intérêt à déclencher ces émeutes à partir de dessins de mauvais goût, probablement inopportuns, mais très bien repris 4 mois après pour déclencher la haine religieuse entre « civilisations. » Les dégâts étaient voulus : ils ont été réalisés.

C’était un tirage réduit, que personne n’avait vu. Grâce à des manipulations il a fourni aux islamistes de quoi se conforter et, à des régimes corrompus de quoi se justifier, en soulevant des foules contre « les occidentaux sataniques. »

Mais, quelle unanimité des églises pour comprendre ce fanatisme ! Appels au respect des religions, à l’équilibre des libertés !… Heureusement aussi, quelques éditos lucides, des prises de position sur la liberté d’expression menacée…

Car on finit par oublier que des foules lointaines, facilement manipulées, cherchent à imposer un « délit de blasphème » dans notre législation. Sous le prétexte d’opportunité politique, beaucoup y cèdent sans réfléchir, disant comprendre l’attitude de ces foules déchaînées.

Dans la France du XVIIIè siècle comme dans les pays où aujourd’hui s’applique la charia, le blasphème est puni de mort. Va-t-on au XXIè, sous la pression des religieux, interdire toute critique des religions ? Les interdits religieux, respectables pour leurs croyants, devront-ils s’imposer aux non croyants ?

La loi religieuse passerait-elle au-dessus des lois civiles ? La pression fanatique devrait-elle imposer ses dictats aux magistrats chargés de veiller à l’application du droit ?

Raymond BELTRAN