04 junio 2009

Europa …40 % de votants ?

Les élections européennes se profilent avec un taux d’abstention qui se situerait autour de 60 % !...

C’est désolant.

Autant les partisans que les opposants, tous se retrouvent pour dire l’importance de l’U.E. dans la vie quotidienne de chacun et le rôle grandissant du Parlement européen dans la prise de décision à ce niveau.

Pourtant… qui connaît le nom des députés européens élus dans sa circonscription à la dernière élection ? Qui connaît, hors quelques uns que l’on peut compter sur les doigts d’une main, des noms d’élus qui siègent à Strasbourg au nom de la France ? Qui sait quels sont leurs votes à Strasbourg, quel est le travail qu’ils ont fait pendant 5 ans ?...

On apprend par les journaux, en guise de compte-rendu de mandat, leur manque d’assiduité. Si elle n’est pas inférieure à 50 %, c’est parce que leur indemnité de fonction serait alors réduite !

Mais on sait que les ambitions sont grandes : 161 listes homologuées pour 8 zones de vote en métropole. 24 listes pour le grand sud-ouest… se disputant 10 sièges !...

Deux défauts dans la constitution de ces listes.

Les grands partis les considèrent comme un moyen de recyclage des personnalités qui n’ont pas pu avoir plus de place au plan national, ou dont on doit assurer un passage au purgatoire en attendant des jours meilleurs.

Les petits partis et les groupements constitués pour l’occasion cherchent à élargir leur audience ou à se faire connaître en trouvant là une tribune qui donne une résonnance à leurs idées… et, proportionnelle oblige, leur permettant de grappiller un ou plusieurs sièges qui aident à financer pendant 5 ans un appareil renforcé par la prise en charge d’attachés et de frais divers de secrétariat.

L’opinion courante croit que la proportionnelle favorise la représentation de ceux qui ne partagent pas les options majoritaires : La multiplication des listes, donc des options politiques offertes aux électeurs, devraient ainsi prendre en compte davantage de nuances dans le vote et mieux correspondre à l’expression des électeurs… et, pourtant, cela ne semble ni mobiliser ni inciter à voter. Bien au contraire, l’abstention va atteindre un record de désintérêt !...

S’il y avait eu un rejet majoritaire de l’U.E., l’on aurait assisté à une mobilisation importante, comme ce fut le cas en 2005, par rapport au traité « constitutionnel ». Ce désintérêt traduit l’ignorance des enjeux que le simple citoyen ne comprend plus. Dommage que seules les condamnations puissent attirer les électeurs… L’indifférence des citoyens est une grave atteinte à la démocratie.

Le comportement des partis faisant de ce vote un test national pour ou contre la majorité en place, mais évitant tout débat réaliste des évolutions de l’U.E., n’encourage pas à un vote dont les effets parlementaires directs à Strasbourg deviennent secondaires par rapport à l’objectif national proclamé.

Le Monde du 26 mai résumait les campagnes depuis 1979 par le titre « l’Europe ne tombe jamais bien » et par « 2009 encore raté. » La question est que l’on ne parle de l’Europe qu’au moment des élections au Parlement de Strasbourg sinon pour la désigner comme bouc émissaire de ce qui ne va pas. Il est rare que l’on parle de ses interventions bénéfiques.

J.M. Colombani disait ce matin sur France Inter qu’après qu’Elmunt Kohl eût abandonné l’idée des Etats Unis d’Europe, « le couple » Chirac-Schroeder s’efforça pendant 8 ans d’affaiblir la Commission pour en rester à une Europe des nations dominée par les gouvernements. Ainsi chacun a décidé dans son pays, aujourd’hui, comment sortir de la crise sans une politique économique commune.

Faute d’institutions fortes et de politique claire admise par les 27, tant que la règle de l’unanimité ne sera pas dépassée, les media ont tendance à mettre en évidence les conflits plutôt que les consensus qui positivent la vie quotidienne.

Au final cela ferait 40 % de votants attendus le 7 juin.

Raymond BELTRAN

Le 29 mai 2009

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